The City under the City

2021

#Photographie de rue

#Documentaire

Pour mon projet « The City Under the City », j’ai voulu faire découvrir une facette méconnue des villes chinoises, qui en constitue pourtant un des fondements historiques : les villages urbains.

 

Ces « villages » sont des zones à très forte population affichant des densités records. Qualifiées aujourd’hui de bidonvilles, c’était il y a cinquante ans le point de départ et le cœur d’une ville, Shenzhen, future mégalopole de 18 millions d’habitants du sud-est de la Chine.

 

C’était l’époque où le gouvernement chinois a voulu transformer quelques villages de pêcheurs en mégacité concurrente de Hong-Kong.


Baishizhou North

Les terres des agriculteurs ont donc été requestionné pour la construction des futurs buildings. Ne leur restant que leurs maisons, ils se sont tournés vers la location pour subvenir à leurs besoins.

En effet, de nombreux migrants venus chercher du travail avaient besoin de logements abordables. Ce qui n’était au départ qu’une simple chambre en location s’est progressivement transformée, au fil des ans, en un immeuble de six à huit étages capables d’accueillir plusieurs locataires.


Baishizhou

Tout en conservant le tracé des villages d’origine, ces bâtiments extrêmement serrés ont formé un dédale de ruelles plongées dans l’obscurité. Pendant ce temps, Shenzhen a continué de s’étendre autour, ces villages fournissant, grâce à leurs loyers bon marché, la main-d’œuvre nécessaire à son développement.


Gangxia Est

Un dédale de ruelles où l’on se perd aisément et où la frontière entre vie privée et vie publique est floue, voire inexistante. Si le manque de lumière et la proximité des murs peuvent sembler oppressants, ils dissimulent une communauté vibrante et colorée.


Mais bientôt, en raison des conditions de vie insalubres, une grande partie de ces villages sera détruite. Le relogement des populations a déjà commencé.

 

Dès que les bâtiments sont vidés : ils sont condamnés. Des affiches jaunes fleurissent alors un peu partout dans les rues, que ce soit sur les portes d’entrée, sur les murs ou sur toute surface où il est possible de les coller.

 

 « Le bâtiment est déjà vide, ne pas entrer sans autorisation. »


Un nouveau départ pour ces villes qui se doivent d’afficher une allure moderne, en oubliant leur propre histoire.

 

Ces « villages urbains » vont finir par disparaître totalement mais ils ont vu naître, de manière organique, un écosystème de vie chaleureux où chacun connaît tout le monde, instaurant un curieux équilibre entre activités urbaines et rurales.